lundi 27 avril 2009

Pop pop pop #3




Doris Monteiro est une survivante. Dans les années 50, elle chante à la radio. La Bossa Nova arrive et ringardise ces chanteuses de radio, pas Doris. Son chant sans affect se fond parfaitement dans le moule Bossa Nova. Les années 70 arrivent, le Brésil se fait plus perméable à l'influence occidentale ce que reflète les délicieuses productions Odéon de l'époque et Doris est toujours là, le regard las, les cils lourds de Rimmels. Maita et son intro de guitare démentielle, n'ayons pas peur des mots, date de 1976. C'est le morceau qui ouvre Agora, album dont Joe Sixpack, sur Slipcue dit le plus grand bien. On est 2. Comme je ne suis pas chien, je mets aussi sa version de Eu Só Quero Um Xodó, tirée d'un autre album. Encore une belle intro de guitare. Tout ça c'est un peu du réchauffé, j'en avais parlé là.

Maita

EuSóQueroUMXodó

mercredi 22 avril 2009

Pop Pop Pop ! #2




Un autre exemple de ce mélange des genres brésiliano-Jazz-soul-pop, le Esprera pra ver de Evinha, une des chanteuses du Trio Esperança, un morceau assez typique du son Odéon de la charnière 60-70, un son souvent compilé sous la dénomination "Blue Brasil" en référence à Blue Note. Assez typique mais particulièrement réussi, avec une ligne de basse au son dément. Le disque est introuvable et titille généralement les 100 euros; Heureusement, Loronix ...

Evinha

mardi 21 avril 2009

Pop Pop Pop ! # 1



Au début des années 70, tout se mélange : la MPB, la soul, la pop, le psyché, avec une grosse influence des US. L'intégrisme défendu par les milieux intellectuels dans les années 60 va trouver refuge sous une forme moins politique dans la musique folk tandis que la culture de masse déboule avec les telenovelas. Les artistes les plus importants collaborent avec TV Globo et de tout ce malaxage naissent des morceaux hybrides, à peine brésiliens mais pas occidentaux non plus, comme ce Pedra do arpoador signé Paulo Diniz. Il ne chante pas comme un dieu, c'est le moins que l'on puisse dire, mais sinon tout est parfait : l'intro de violons, le motif de guitare qui conduit la mélodie, la ligne de basse sautillante, les choeurs, les arrangements de cuivre .... trop bon.

Paulo Diniz - Pedra do arpoador

lundi 30 mars 2009

Jorge Ben - Negro e lindo


Passons sur l'inexplicable rareté de ce disque, elle s'explique peut-être par le fait qu'aucun véritable tube n'en a été extrait. De tous les albums de Jorge ben que je connais, Negro e lindo (le noir c'est beau dans notre belle langue) est peut-être le plus influencé par la soul et le funk. Le morceau titre, par exemple, me fait immédiatement penser à Curtis Mayfield. Jorge Ben a rarement chanté avec autant de douceur. Cette coloration soul-funk digérée par le Brésil, on la doit sans doute au jeune musicien à qui Jorge Ben a confié les arrangements du disque, Arthur Verocai. A l'époque de negro e lindo Verocai n'a pas encore sorti son album légendaire, il n'a pas encore arrangé le second album de Celia ni quelques-uns des meilleurs morceaux d'India. C'est donc à un quasi parfait inconnu que Jorge Ben file les clés du disque. Et le résultat montre qu'il a eu du flair.

Negro e lindo

mardi 10 mars 2009

Nara Leao - e que tudo mais va pro inferno




Toute la carrière de Nara Leao a été compilée dans deux volumineux coffrets. Le premier porte sur la période 64-75, c'est normalement le meilleur, sauf si on aime les sons policés et ultra synthétiques qui ont envahi la variété brésilienne à partir de la deuxième moitié des années 70. Là, c'est la fête. Au final, j'ai pu en écouter pas mal, grâce à la médiathèque de Marseille, assez pourvue sur cette période. Ce n'est pas là que j'ai découvert son album hommage de 1977 à la paire d'auteurs-compositeurs Erasmo Carlos et Roberto Carlos (non, ils ne sont pas frères), celui-là, je l'ai acheté sur ebay et de toute la période, c'est un des meilleurs. Vous le trouverez un peu sirupeux, sans doute, il y a clairement mieux à faire côté arrangements et production, mais certaines chansons devraient quand même faire leur petit effet.

L'album

mercredi 25 février 2009

Gilberto Gil - 1969


L'album ne s'appelle pas 1969, mais comme il n'a pas de titre (les inrocks parleraient d'album éponyme) et que celui de 68 n'en avait pas non plus, on les distingue par la date, voilà. J'ai déjà dit ma préférence pour ce disque aux arrangements moins démonstrativement "nouveaux" même si on trouve dessus un long collage façon #9 des Beatles. Que dire ? l'album, enregistré pendant que Gilberto Gil et Caetano Veloso étaient assignés à résidence à Bahia contient quelques uns de ses classiques de tous les temps, Volks-Volkswagen blues, Aquele abraço et Cerebro Eletronico. Les arrangements sont toujours de Duprat, mais l'album est moins flamboyant que celui de 68, plus sec, plus strident, globalement plus étrange, psyché mais sans tomber dans les travers criards de Gal Costa sur l'album avec Tuareg. De tous les albums de Gilberto Gil, c'est celui que j'écoute le plus souvent.

1969

Un autre super article

mercredi 18 février 2009



On va le faire un peu à la Loronix : voilà, il n'y a pas grand chose de plus à dire sur cet album de Joyce, le premier, que : jetez-vous dessus. Cet album enregistré en 68, arrangé par Gaya et Dori Caymmi (le fils), parrainé par Vinicius de Moraes, va sans doute devenir votre disque de chevet. Les compositions de la belle (sur les photos au verso, elle est à tomber) sont à l'image de sa personne et que dire de ses relectures de Litoral (Toninho Horta) et de Ave Maria, que je n'avais même pas remarqué sur l'album de Veloso.

Joyce, 1968