dimanche 28 décembre 2008

Tom Zé en entier






Tom Zé a participé à la compilation manifeste du Tropicalisme, Panis e circensis. Pour des raisons qui tiennent peut-être à sa plus lente maturation musicale, il n'en a pas réellement tiré profit. Au cours des années 70, il a pu observer Gal Costa, Caetano Veloso, Rita Lee et Gilberto Gil devenir les nouvelles vedettes de la chanson populaire brésilienne (*) tandis que lui est tombé lentement dans l'oubli, à mesure que son style singulier s'est affirmé. Dans les années 80, un américain fan de musique brésilienne, David Byrne, ex leader des Talking Heads, a ramené d'un de ses voyage un disque, Estudando o samba, épuré et moderne de déconstruction dadaïste de la samba, un chef d'oeuvre sorti dans l'indifférence en 1976. Affolé que le monde ignore tout de cet artiste fou, il a décidé de publier l'essentiel de cet album sur son label, agrémenté d'extraits d'autres disques. Et c'est ainsi que dans les années 90, j'ai emprunté à la bibliothèque mon premier disque de musique brésilienne, LA compilation Luaka Bop conseillée par les Inrocks. Comme beaucoup, je découvrais Tom Zé sans avoir jamais entendu parler de Caetano Veloso, ni de Gal Costa, à peine de Gilberto Gil. Un peu comme si j'avais écouté The Millenium, Sagittarius, Love et les Zombies sans jamais avoir entendu le moindre album des Beatles. Mais passons.

La compile Luaka Bop est très bien, mais c'est une compile faite par un type qui a décidé de mettre l'accent sur le côté bizarre, non conventionnel de Tom Zé. David Byrne a donc zappé un album entier, Correio da Estação do Brás, sorti en 1978 parce que trop doux, trop "ear friendly". Il a également choisi d'ignorer Se o caso é chorar, un album de 1972 qui ne lui semblait sans doute qu'une étape dans le processus menant à ce qui était pour lui l'aboutissement, Estudando o samba. C'est dommage, parce qu'au final, l'écoute de cet album révèle une facette de Tom Zé ignorée par la compilation, un Tom Zé moins porté sur les onomatopées, plus harmonieux, moins foncièrement bizarre et globalement moins fastidieux que ce que laisse penser la compilation. Et tant mieux pour nous, puisque qu'un morceau aussi fort que O sandalo n'est pas connu de grand monde. On pense à Animal Collective (en faisant un petit effort quand même). Le morceau qui le suit sur le disque est d'une suavité à tomber. Conclusion : oubliez la compile, écoutez tout :

Estudando o samba, dont la plupart des titres se retrouvent sur la compilation Luaka Bop
Se o caso é chorar
Correio da Estação do Brás
Todos os olhos, l'autre album dans lequel David Byrne a pioché largement. La pochette représente une bille qui sort d'un anus.

Se O Caso É Chorar

O sândalo
tom zé
Composição: (Tom Zé)

Parecido sempre com um machado
Que fere o sândalo e ainda quer
sair perfumado.
E ainda quer
sair perfumado.

Faça suas orações uma vez por dia
e depois mande a consciência
junto com os lençóis
pra lavanderia.

tengo tengo tem tengo
Tenguem dedem teguem
dedem teguem dedem

* La mainmise des bahianais était telle, qu'à un moment, des comiques télévisuels montèrent un groupe parodique, Bahiano et os novos caetanos (concaténation de Caetano Veloso et des Novos Baianos) qui connut un certain succès avec un titre, Vô Batê Pá Tu, repris en France par Michel Leeb sous le titre Vous battez pas toutes.

samedi 27 décembre 2008

Toninho Horta chez Milton





Ce qu'il y a de bien avec Milton Nascimento, c'est qu'ils sont toute une bande en fait, fédérés par une voix exceptionnelle. Lo Borgès, Marcio Borgès, Novelli, Nivaldo Ornelas, Beto Guedes, Nelson Angelo, Toninho Horta et j'en oublie. Toninho Horta, par exemple, signe Durango Kid sur le troisième album (Milton, ou l'album-de-70) de Nascimento. On y entend des petits bruits de percussion, il y a un côté "nature" immédiatement palpable (on pense carrément à oOmiaq, en fait). Toninho Horta est un guitariste et un chanteur sensible. Ecoutez {Manuel o audaz}, un des titres de cet album hybride enregistré par une partie du clube da esquina dont j'avais parlé sur la blogo.

Le Milton en entier est là, il vaut vraiment le coup.
L'album de Beto Guedes - Caymmi - Horta - Novelli est là. Un disque fabuleux.

Durango Kid
Manuel O Audaz

vendredi 26 décembre 2008

Voce sabe


Ne pas oublier le couple Carlos Lyra - Vinicius de Moraes lorsque l'on parle de Bossa-Nova. Minha Namorada, Você e eu, Maria Moita, Sabe voce ... J'avais ce morceau en tête, je ne savais pas pourquoi. Amado Maita ? Non, Bebeto, le membre le plus discret du Tamba Trio dans un album des années 70 d'un mou céleste, seulement le morceau s'appelle curieusement Mendigo e Ladrao. Sur cet album de Bebeto, on trouve également le très beau P'ra Nao chorar. Oui, peut-être bien qu'il dort, mais il a l'air heureux.

Bebeto - Mendigo e Ladrao
Amado Maita - Sabe voce

Flamengo até morrer


Le roi de la pop brésilienne s'appelle Marcos Valle. Au début des années 60, c'est un blond en chemisette qui illumine la Bossa Nova de son aisance mélodique - Samba de verao a dû être repris autant de fois que Garota de Ipanema. On parle de deuxième vague de la Bossa-Nova et tout son deuxième album, O Compositor e o Cantor est rempli de classiques légers et mémorables. Devant le succès de Samba de verao aux US, repris par Walter Wanderley sous le titre de So nice (Summer samba), Marcos Valle enregistre un album pour Verve où on retrouve la version chantée d'une bombe, Os Grilos, déjà gravée au Brésil par un compagnon de route de la même génération, Eumir Deodato.
De retour au Brésil, à la fin des années 60, sa musique s'oriente vers un mélange de pop, de soul, de samba, de funk avec toujours comme marque de fabrique une facilité mélodique hors du commun qui finira par le perdre, comme bien d'autres, mais seulement à partir de la deuxième moitié des années 70. Car de 68 à 73, tout ce qu'il enregistre, souvent pour ce laboratoire de la musique brésilienne de l'époque que sont les bandes sons de telenovelas, est furieusement bon. La preuve en 14 morceaux piochés dans les cinq albums qu'il a sorti entre 1969 et 1973.

Le plus prog
Le plus pop



Flamengo ate morrer, le morceau qui ouvre Previsao do tempo, est une déclaration d'amour au Flamengo, le club de Football de Rio.


Parece que finalmente resolvemos o dilema
Dario e Doval jogando juntos sem problema
Eu como um prato a menos
Trabalho um dia a mais
E junto un trocadinho p'ra ver o meu Flamengo
Que sorte eu ter nascido no Brasil
Até o presidente é Flamendo até morrer
E olha que ele é o presidente do pais
Rogério na direita, Paulinho na esquerda
Dario no comando e Fio na reserva
E o resto a gente sabe mas nao diz
E o resto é pau, é pedra, aguas de março ou de abril
Mas tudo agora é paz nesse pais, nesse Brasil,
A gente ja cresceu e é tempo de aprender
Quem quem nasceu Flamengo é Flamengo até morrer

mardi 23 décembre 2008

Caetano Veloso - Lua e estrela



Un de mes morceaux préféré de Caetano Veloso n'est pas de lui. Il est de Vinicius Cantuaria, à l'époque batteur du groupe de Veloso. Vinicius s'est ensuite lancé dans une carrière solo, a enregistré avec David Byrne, bref, s'est fait un nom dans les années 90-00. Lua e estrela est la piste 4 de l'album Outras Palavras (1981), mais ce n'est pas là que je l'ai découvert. Il était enchaîné avec O Leãozinho sur une compilation parrainée par Kolpa Kopoul faisant la part belle aux années 70. Ca filait carrément le frisson.


Son topic sur le forum de la bossa nova




Je ne suis pas le seul à avoir remarqué ce morceau, voici la version de Chico Buarque :